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Chargées de clinique: former la relève et enrichir la pratique

Pour ces trois diplômées de l’École d’optométrie de l’UdeM qui sont devenues chargées de clinique, leur pratique ne se limite pas à soigner des patients. Elle peut aussi devenir un espace de transmission, de réflexion et d’engagement auprès de la relève. Leur rôle à la Clinique universitaire de la vision (CUV) s’inscrit précisément dans cette dynamique: un retour au cœur de la communauté étudiante pour contribuer à former les optométristes de demain.

Laurie Gilbert, Geneviève Guérin et Virginie St-Georges, toutes trois chargées de clinique à la Clinique universitaire de la vision de l’UdeM

Un prolongement naturel du parcours professionnel

Pour Geneviève Guérin, devenir clinicienne enseignante s’est imposé comme une suite logique. Après avoir exploré différentes facettes de la profession — pratique autonome, partenariat, dépistage scolaire, implication en santé publique — elle voyait dans ce rôle une occasion de sortir de sa zone de confort et d’aborder l’optométrie autrement.

Même son de cloche du côté de Laurie Gilbert, pour qui l’environnement de la CUV représente un milieu unique : une patientèle diversifiée, des équipements de pointe et une concentration d’expertises qui permettent de « voir de tout » et de rester à l’affût des nouvelles réalités de la profession.

De son côté, Virginie St-Georges, diplômée récente de l’École d’optométrie, a fait le pari de prendre des charges en clinique, et elle incarne une relève engagée qui choisit de s’impliquer activement dans la formation des futurs optométristes.

Ces témoignages illustrent bien que le rôle de chargé(e) de clinique n’est pas réservé à une élite académique ou à des spécialistes de niche. Au contraire, il est accessible à des optométristes généralistes, curieux et engagés, qui souhaitent élargir leur pratique. D’ailleurs, la CUV tient compte des horaires et disponibilités des candidat(e)s, et peut offrir des charges à temps partiel en conséquence.

Transmettre… et apprendre en retour

L’un des attraits majeurs d’être chargé(e) de clinique réside dans la relation avec les étudiant(e)s. Pour Geneviève Guérin, la formation est avant tout « un moment de partage entre deux générations d’optométristes », où l’apprentissage est bidirectionnel. Elle se donne comme objectif de transmettre au moins une connaissance à chaque bloc clinique, tout en reconnaissant qu’elle apprend elle-même de ces échanges.

Cette vision est renforcée par l’approche de Laurie Gilbert, qui met de l’avant un contact chaleureux et une expérience enrichissante, même après seulement quelques mois dans ce rôle. Elle observe d’ailleurs que les nouvelles cohortes adoptent une approche plus pragmatique, ce qui alimente les discussions cliniques et stimule la réflexion.

Ainsi, encadrer des étudiant(e)s ne consiste pas seulement à enseigner des gestes techniques : c’est aussi cultiver la pensée critique, remettre en question les pratiques établies et réfléchir aux meilleures approches pour chaque patient.

S’occuper des patients… en équipe

Au-delà des connaissances cliniques, certaines compétences humaines et professionnelles sont au cœur de la formation. L’écoute, le respect et le travail d’équipe figurent parmi les éléments essentiels à transmettre, selon Geneviève Guérin. « Un optométriste ne travaille jamais seul », rappelle-t-elle, soulignant l’importance de résoudre les problèmes des patients en collaboration.

Dans ce contexte, la supervision clinique devient un exercice d’équilibre : guider l’étudiant(e), s’assurer que les essentiels sont couverts, tout en maintenant une expérience positive pour le patient. Cette dynamique collaborative reflète fidèlement la réalité du terrain et prépare concrètement la relève.

Une pratique enrichie, ici et ailleurs

Être chargé(e) de clinique n’implique pas de mettre de côté sa pratique personnelle. Au contraire, plusieurs clinicien(ne)s poursuivent leurs activités en parallèle, que ce soit en milieu urbain ou en région. Laurie Gilbert, par exemple, continue de pratiquer dans sa région natale de Thetford Mines, tout en s’impliquant à la CUV. Elle y voit aussi une occasion de sensibiliser les étudiant(e)s à la réalité de la pratique en région et de susciter leur intérêt pour ces milieux.

Comme le rappelle Jean-Marie Hanssens, directeur de la CUV, « cette flexibilité démontre que l’implication à la clinique universitaire est compatible avec différents parcours professionnels et styles de pratique. Ça devient un levier pour diversifier son quotidien, sans renoncer à ses engagements existants. Au fond, choisir de devenir chargé(e) de clinique, c’est redonner à la profession. C’est revenir dans un milieu qui a contribué à sa propre formation pour y apporter son énergie, son expérience et sa vision. »
Que ce soit par le dynamisme d’une chargée de clinique qui souhaite transmettre sa passion grandissante pour l’optométrie, ou par l’ouverture d’une autre à la diversité des pratiques et des milieux, une chose ressort clairement : ce rôle permet de rester profondément connecté à l’évolution de la profession.

Un choix accessible et porteur de sens

Contrairement à certaines perceptions, devenir chargé(e) de clinique n’entrave nullement la carrière des optométristes. Au contraire, il s’agit d’une expérience enrichissante pour des diplômé(e)s motivé(e)s, qu’ils soient en début ou en milieu de carrière, généralistes ou explorant différents champs d’intérêt. 

L’École d’optométrie affiche régulièrement des postes (chargé de clinique, clinicien, etc.). Les diplômé(e)s intéressé(e)s peuvent consulter les offres d’emploi en ligne: opto.umontreal.ca/emploi. La Clinique universitaire de la vision offre aux optométristes du Québec une chance en or de faire évoluer leur pratique en les exposant à une vaste gamme de cas cliniques. L’occasion idéale de contribuer à la formation de la prochaine génération et de renforcer ses liens au sein d’une communauté professionnelle dynamique!