Lancée avec la création d’une première cohorte à l’École d’optométrie d’Haïti, l’initiative de développement international portée par l’École d’optométrie de l’Université de Montréal franchit une nouvelle étape. Ce projet structurant, né d’un partenariat visant à former localement une relève en santé visuelle, démontre désormais tout son potentiel en s’inscrivant dans une dynamique de croissance et de rayonnement au-delà des frontières haïtiennes.
Au cœur de cette progression, deux diplômés haïtiens, Jonathan Simon et Anne-Christy Orcel, jouent désormais un rôle clé. En raison de la situation géopolitique en Haïti, ils se trouvent actuellement à Montréal, où ils poursuivent leur engagement en tant que formateurs à distance auprès de leur institution d’origine. Récemment nommés professeurs de l’École d’optométrie d’Haïti, ils incarnent une avancée majeure pour leur établissement, tout en illustrant la réussite concrète de ce modèle de formation.
Leur implication ne s’arrête toutefois pas à leur pays d’origine. Tous deux participent activement aux efforts de développement de l’optométrie dans d’autres contextes francophones, notamment en République démocratique du Congo. Issus d’un milieu aux réalités comparables, ils parviennent à établir rapidement des liens significatifs avec les communautés locales. En Haïti, par exemple, une part importante de la population est d’ascendance congolaise, ce qui renforce davantage ces connexions humaines et culturelles.
Dans ce contexte, leur rôle dépasse la simple transmission de connaissances. Récents diplômés d’une école émergente, ils offrent aux étudiants congolais une perspective concrète et inspirante: celle de pouvoir exercer un jour comme optométristes dans leur propre pays. Leur parcours devient ainsi un levier puissant de motivation et de projection pour cette nouvelle génération.

Jonathan Simon, Luigi Bilotto et Anne-Christy Orcel sont entourés d'étudiants de l'Université congolaise HONU.
Pour Luigi Bilotto, responsable du développement international à l’École d’optométrie, cette phase du projet représente une expérience marquante. En accompagnant ces nouveaux professeurs dans une démarche de « formation de formateurs », il a pu observer l’impact direct et élargi de cette initiative. Ce passage d’un modèle de formation initiale à une approche de transfert d’expertise témoigne de la maturité croissante du projet.
Alors que les besoins en soins oculovisuels demeurent importants dans plusieurs régions du monde, cette initiative illustre comment l'engagement universitaire peut générer des retombées durables et structurantes. De Montréal à Port-au-Prince, et désormais jusqu’à Kinshasa, l’École d’optométrie de l’UdeM contribue à bâtir un avenir plus accessible et prometteur en santé visuelle.